Avec certainement moins de brio qu’Apollinaire, je vais tenter de vous transmettre les enseignements d'une histoire vécue il y a quelques années et à laquelle de récents événements me font repenser.
Alors que je n’étais qu’un jeune adolescent, j’ai été adopté, sentimentalement parlant et non juridiquement, par une famille composée de deux parents adorables, de trois filles merveilleuses et d’un petit garçon rêveur.
Cette famille que j’aimais temps, et avec laquelle je passais une bonne partie de mes vacances, me donnait tout l’amour dont je pouvais avoir besoin.
En effet, la maman m’apportait un amour maternel que l’on aurait pu croire infini et qui, alors que ma propre mère vivait des instants difficiles, savait me rassurer.
Le papa quand à lui me transmettait ses nombreuses connaissances dans tous les domaines et notamment en bricolage. Et, je suis sûr que si je n’avais pas eu deux mains gauches, j’aurai fait un bricoleur hors pair grâce à lui.
La fille aînée, que je considérais comme ma grande sœur, m’apportait toute sa tendresse et sa gentillesse. Elle était à peine plus âgée que moi mais avait pris l’ascendant et à côté d’elle je me comporté comme son petit frère complice et attentionné.
La cadette était celle que je convoitais, en effet, vous pensez bien que sur trois filles, il y en avait une que je voulais mienne. Elle m’a donné pas mal de peine pour la conquérir, et honnêtement je ne pense pas que l’on puisse dire que j’ai réellement réussi. Elle avait un caractère fort qui m’a permis de forger le miens, et maintenant je l’en remercie.
La plus petite, bien plus jeune que moi était ma petite sœur avec laquelle je faisais les 400 coups. Eh vous pensez bien que quand vous faites partie d’une famille que grâce à des liens de cœurs, lorsque les bêtises sont découvertes ce n’est pas sur vous que retombent les ennuis. Je vous rassure, toutefois, nous sommes resté relativement sages et nos bêtises faisaient plus rire que pleurer.
Enfin, le petit garçon était mon petit frère et je recherche encore parfois dans ma mémoire les yeux admirateurs qu’il me lançait.
Cette période de ma vie a été bien heureuse, alors qu’autour le ciel s’assombrissait dans mon paysage. Et, chaque instant passé là bas était plein d’insouciance, de franchise et de gaîté.
Toutefois en y repensant, j’ai fait plusieurs erreurs que j’espère les jeunes Don Juan qui me lisent ne reproduiront pas !
La première était de considérer l’aînée comme ma grande sœur, car lorsqu’il m’est arrivé de penser à notre relation différemment il était logique que je ne puisse pas faire machine arrière.
La seconde a été d’être trop timoré avec la cadette qui, je l’apprend maintenant, avait beaucoup d’amour à donner et juste besoin d’être apprivoisée (au sens du Petit Prince).
La troisième est d’avoir laissé s’éloigner cette famille à laquelle je tiens tant sans dire mot.
Et la dernière est d’avoir perdu mon insouciance et mon innocence enfantine pour me mettre à penser comme un homme.